Avatar Département d'Arts du spectacle

Ciné Tambour : programme des séances (2nd semestre)

Janvier > Février 2020

 

Tous les films sont proposés en version originale.


Mercredi 22 janvier

Attention, programme de la séance modifié le 9 janvier.

Lutte des glaces

Alors que la nouvelle année fait ses premiers pas, d’autres peinent se déplacer, ralentis par la neige. Les personnages de Fargo des frères Coen ou de La Grande illusion de Renoir évoluent tant bien que mal dans l’immensité hivernale, le froid et la glace opérant comme des révélateurs sociaux : aristocrates et patrons richissimes, prolétaires et petites professions, les masques tombent et dévoilent la vraie nature des individus face à un environnement hostile. Chacun à leur manière, les deux films dépeignent des évènements qui imposent aux personnages la double difficulté de la violence et du froid, la lutte face à l’ennemi prenant la forme d’un combat physique contre le gel. Cependant si la neige comme (autre) ennemie, complice et actrice, impose une redéfinition de l’espace dans lequel chacun doit s’adapter, au point de courir à sa propre perte, elle encourage également à la solidarité, au rapprochement des êtres, qui répondent parfois au gel par la chaleur humaine, à l’instar de Julien Carette offrant la chanson Marguerite aux soldats de La Grande Illusion.

18h : Fargo

Joel Coen, 1996, USA, 98 min, 35 mm

20h30 : La Grande illusion

Jean Renoir, 1937, France, 114 min, DCP

 


Mercredi 29 janvier

Songe d’une nuit d’été

Il était temps de programmer une séance longue au Ciné-Tambour. Pour cela, nous vous proposons un voyage sensoriel et contemplatif au cœur de la Thaïlande, qui embarque autant les spectateurs que les personnages. On traverse la grande ville, ses lumières artificielles, la foule, la luxure, l’excitation d’une mégalopole sensuelle et rythmée. La promenade se poursuit à la campagne avec ses levers de soleil, son paysage paisible et ses retrouvailles familiales. Ce songe d’une nuit d’été vous fera oublier le rude hiver occidental, au lendemain des fêtes de fin d’année, et vous préparera à l’amour de février, tels les écrits tragico-romantiques de Shakespeare. Sur un fil entre réalité et rêve, vous-mêmes ne serez pas trop certain·e·s de ce que vous venez de vivre.

18h : Bangkok Nites

Katsuya Tomita, 2016, Japon, 183 min, DCP

 


Mercredi 5 février

Attention les secousses !

Mesdames et Messieurs bienvenue sur ce vol, vous voyagez en compagnie du Ciné-Tambour. Nous allons dès à présent vous indiquer les consignes de sécurité... À l'occasion de cette soirée organisée autour des transports aériens, vous êtes invités, en première partie de soirée, à découvrir avec les Écrans Variables une sélection de deux films, TERRORISM MUSEUM et Dial H-I-S-T-O-R-Y, abordant la question du terrorisme aérien, des peurs qu'il engendre et de son impact social. Comment gérer l'inquiétude des passagers et leur offrir un sentiment de sécurité ou profiter de cette inquiétude ? Cette plongée dans la phobie aérienne se prolongera, à 20h30, par un exutoire par le rire au travers de la comédie burlesque Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, donnant le premier rôle à un vétéran de guerre pris au milieu d'un crash. Alors, en vue du décollage, veuillez redresser votre siège et ranger vos tablettes. Merci de votre attention.

18h : Ecrans Variables

TERRORISM MUSEUM, Eléments pour un musée de l’imaginaire terroriste
Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, 2009-2013, France/Canada, 13 min, fichier numérique

DIAL H-I-S-T-O-R-Y
Johann Grimonprez, 1997, Belgique, 68 min, fichier numérique

20h30 : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? 

David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker, 1980, USA, 85 min, DCP

 


Mercredi 12 février

Visages du passé

Pour cette séance en partenariat avec le festival Travelling, nous vous proposons deux films qui mêlent la petite histoire à la grande à travers l'expérience d'un deuil refoulé. À 20h30, nous vous invitons à découvrir Tombé du ciel de Wissam Charaf. Projeté lors du Festival de Cannes de 2016 en sélection ACID, ce film singulier aux accents burlesques suit le personnage d’Omar dont le quotidien est perturbé par le retour de son frère, ancien milicien laissé pour mort depuis plusieurs années. Proche des œuvres d’Aki Kaurismäki ou d’Elia Suleiman, ce film mêle les scènes humoristiques à un ton plus grave et bien souvent politique, questionnant le rapport du Liban à sa mémoire, marquée par des années de guerre civile. Il sera précédé de Cría Cuervos, réalisé par Carlos Saura en 1976, œuvre qui aborde d’une toute autre manière le rapport entre la mémoire individuelle et la mémoire collective. Dans les dernières années du franquisme, une jeune orpheline refuse la mort de sa mère dont la présence persiste à travers des visions fantomatiques. Les fantômes, qu’ils soient mère chez Saura ou frère chez Charaf, deviennent alors le révélateur des dysfonctionnements d’une société en rupture avec son Histoire.

Séance en partenariat avec le festival Travelling

18h : Cría Cuervos

Carlos Saura, 1976, Espagne, 110 min, 35 mm

20h30 : Tombé du ciel 

Wissam Charaf, 2017, Liban, 70 min, DCP
Précédé du court métrage Souvenir inoubliable d’un ami de Wissam Charaf, 2018, France, 27 min, DCP

Suivi d’une rencontre avec Wissam Charaf 

 


Mercredi 19 février

Mieux vaut être seul(e)…

Ah l’amour… Quel thème est plus connu et travaillé que l’amour ? Présentes dans tous les arts et montrées sous toutes les formes artistiques possibles, les relations amoureuses ne sont pourtant jamais dépeintes de la même manière. Pour cette soirée du Ciné-Tambour, nous avons justement choisi de vous présenter deux films qui traitent de ce même sujet, mais avec des angles d’approche diamétralement opposés. Alors que Le Bel Antonio nous présente un Marcello Mastroianni au sommet de son art, dans le rôle d’un amoureux mal dans sa peau qui n’arrive pas à exprimer ses sentiments, Maurice Pialat quant à lui, nous présente un Jean Yanne acerbe dans ses propos envers sa maîtresse Marlène Jobert. La communication, pilier du couple, est alors mise à mal dans ces deux œuvres cinématographiques, livrant ainsi des messages différents mais complémentaires, pour nous faire finalement comprendre que l’harmonie parfaite n’existe pas, mais que l’amour est un travail constant qui nous consume tous.

18h : Nous ne vieillirons pas ensemble

Maurice Pialat, 1972, France, 90 min, 35 mm

20h30 : Le Bel Antonio

Mauro Bolognini, 1960, Italie, 105 min, DCP

 


Mercredi 4 mars

Quand on tire, on raconte pas sa vie !

Mains en l'air ! Les pétards sont de sortie et les bandes ont envahi la ville ; les bandits débarquent au Tambour pour la soirée et ça risque bien de fuser dans tous les sens ! Au travers de deux histoires d'amour explosives et pétaradantes, nous vous embarquons pour fréquenter les milieux du crime et de la passion, à la vie à la mort. D'abord avec le rocambolesque Filles et Gangsters de Shohei Imamura, racontant, dans un Japon encore occupé par des militaires américains, les amours difficiles d'un jeune yakuza vendeur de cochons au marché noir et d'une jeune serveuse de bar qui se feront bien vite des ennemis dans un milieu où tous les coups sont permis. Puis avec l'incontournable romance des amants maudits de Bonnie et Clyde d'Arthur Penn, succès subversif du Nouvel Hollywood et symbole de la libération des mœurs de l’époque. Alors soyez prêts à vous jeter dans le risque à corps perdu et, s'il le faut, à frissonner jusqu'au dernier baiser !

18h : Filles et Gangsters

Shohei Imamura, 1961, Japon, 108 min, DCP

20h30 : Bonnie et Clyde

Arthur Penn, 1967, USA, 111 min, 35 mm

 


Mercredi 11 mars

C’était mieux avant !

À l'occasion d'un partenariat avec le Musée de Bretagne aux Champs Libres, qui expose actuellement les photographies des frères Géniaux, le Ciné-Tambour vous propose une double séance mettant à l'honneur les savoir-faire d’antan, plus précisément autour de l'océan. Nous entamerons notre voyage dans le temps en 1929 avec Finis Terrae, un film à travers lequel Jean Epstein vous fera découvrir les aléas d'un jeune goémonier aux alentours de l'île d’Ouessant. Puis, nous reprendrons la « DeLorean » pour filer vers 1960 avec L’Île nue, qui nous confrontera au dur quotidien d'une famille de paysans japonais habitant une île aride, les obligeant à effectuer des allers-retours vers le continent pour s’approvisionner en eau douce. Aujourd'hui, ces deux films sont tout autant des témoignages sur la dureté des métiers d’antan que des oeuvres puissantes sur les relations que tissaient l’Homme et la nature. Cette dernière qui, souvent sublime, peut aussi s’avérer violente et imprévisible…

Séance en partenariat avec le Musée de Bretagne, à l’occasion de l’exposition « Charles et Paul Géniaux – La Photographie, un destin »

18h : Finis Terrae

Jean Epstein, 1929, France, 80 min, DCP

20h30 : L’Île nue

Kaneto Shindo, 1960, Japon, 94 min, DCP

 


Mercredi 18 mars

Covid-19 : Séances annulées

Confessions intimes

Si le cinéma est un moyen de dire, de raconter, alors pourquoi ne pas l'utiliser pour parler en soi, pour parler de soi. Aussi, pour cette double séance autour du thème du journal intime, du Moi filmé, je t'invite à découvrir, d'abord, une sélection de courts métrages dans une séance « Écrans Variables » qui interrogera la capacité de cet objet étrange qu'est le film à recevoir les pensées et les considérations de personnes qui les lui confient, pour les projeter sur un grand écran blanc... J'aimerais aussi, et je ne doute pas que cela te plaira, te montrer ce film magnifique d'Agnès Varda. Tu sais ? Les Plages d'Agnès, cet autoportrait où cette grande artiste et militante féministe revient sur sa vie du haut de ses 80 ans et où elle t'offre les lieux, les plages et les rencontres qui ont pavé et accompagné sa vie. Ah, comme ça te plaira, de partager ces moments d'émotion, d'intimité et de simplicité, ces tranches de vie ! Oui, c'est certain, cela te touchera au plus profond de toi.

18h : Ecrans Variables « Mon film est un je »

Happy Birthday to John de Jonas Mekas (1972, USA, 18 min, 16 mm)
Gay Day Parade de Nelson Sullivan (1989, USA, 28 min, video)
If Every Girl Had a Diary de Sadie Benning (1990, USA, 8 min, video)
Les Réveils de Pierrick Sorin (1988, France, 6 min, video)
WINDOW WATER BABY MOVING de Stan Brakhage (1959, USA, 12 min, 16 mm)
Je tricote de Hélèna Villovitch (1995, France, 9 min, 16 mm)
T.Z. de Robert Breer (1979, USA, 9 min, 16 mm)

(Programmation sous réserve)

20h30 : Les Plages d’Agnès

Agnès Varda, 2008, France, 110 min, 35 mm

 


Mercredi 25 mars

Covid-19 : Séances annulées

Vivre !

En ces premiers jours de printemps, le Ciné-Tambour s’offre une admiration de la vie le temps d’une soirée et vous propose de découvrir La Vie est un miracle, huitième long métrage du réalisateur serbe Emir Kusturica. En suivant les aventures de Luka, ingénieur chargé de construire une ligne de chemin de fer dans une province reculée de Bosnie au cours de l’année 1992, le film nous invite à partager le quotidien d’un personnage animé par un optimisme sans faille, traversant divers évènements – notamment la guerre qui éclate à la frontière entre la Bosnie et la Serbie – sans perdre son large sourire. À ses côtés, le monde nous est donné à voir autrement, avec espoir et loin de tout nihilisme, célébrant la vie par une atmosphère singulière, à la fois douce et rythmée, touchante et entraînante. Parvenant à conserver un ton joyeux malgré les intempéries, La Vie est un miracle constitue une accueillante fresque colorée et musicale à laquelle personne ne saurait résister.

18h : La Vie est un miracle

Emir Kusturica, 2004, Serbie, 152 min, 35 mm

En raison de la durée du film, pas de deuxième séance pour cette soirée

 


Mercredi 1er avril

Covid-19 : Séances annulées

Si j’aurais su, j’aurais venu

À travers cette double séance portée sur l'enfance, nous vous proposons de replonger dans vos plus lointains souvenirs, avec dans un premier temps, le premier long métrage du cinéaste portugais Manoel de Oliveira. Aniki Bóbó nous présente une bande de jeunes enfants, vivant des aventures dans la ville de Porto, entre les cours à l'école et les baignades dans le port. Alternant entre les jeux et bêtises de ces personnages, le récit nous invite à explorer la complexité des sentiments humains, à la manière du film d'animation de Brad Bird que nous vous diffuserons dans un second temps. Le Géant de fer met en scène une relation entre un jeune garçon et un personnage fantastique au premier abord inquiétant, mais dont on percevra bien vite le comportement amical. En s'adressant à plusieurs générations, les deux metteurs en scène s'inspirent de leur propre vie pour raconter des histoires qui pourront toucher tous types de spectateurs, en abordant notamment la thématique de l'amitié qui tient un rôle important dans chacun de ces deux films.

18h : Aniki Bóbó

Manoel de Oliveira, 1942, Portugal, 71 min, DCP

20h30 : Le Géant de Fer

Brad Bird, 1999, USA, 83 min, 35mm, version d’origine

 


Mercredi 08 avril

Covid-19 : Séances annulées

Les aventuriers de la séance perdue

Qui n’a jamais rêvé d’aventure ? Cette soirée du Ciné-Tambour lui sera entièrement dédiée, en nous transportant aux confins du monde et à des époques et territoires différents. Que ce soit en première partie de séance avec Tabou de Friedrich W. Murnau, ou en seconde avec Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog, nous sillonnerons des paysages et cultures mystérieux. Si les quêtes des personnages peuvent être motivées par différents sentiments, que ce soit l’amour qui les pousse à fuir dans le premier film, ou l’avidité qui les met à la recherche de l’Eldorado, la mythique cité d’or qui fascine l’équipage espagnol du second, on retrouve néanmoins la même soif d’aventure d’un récit à l’autre. N’est-il-pas humain de fantasmer à propos d’une quête mystérieuse au sein de territoires inconnus ? La frontière entre documentaire et fiction s’avère poreuse dans les deux cas : l’intrigue inventée par les cinéastes prend place dans des décors réels et aux côtés de tribus amérindiennes ou polynésiennes existantes. La séance résonnera ainsi avec le film L’Hypothèse du Mokélé-Mbembé (2011) de Marie Voignier, présenté au sein de l’exposition consacrée à la cinéaste-vidéaste, à la galerie Art & Essai de Rennes 2.

Séance en partenariat avec le master MAE et Il n'est pas question d'explication, exposition de Marie Voignier (du 26 mars au 30 avril)

18h : Tabou

Friedrich Wilhelm Murnau et Robert Flaherty, 1931, USA, 84 min, DCP

20h30 : Aguirre, la colère de Dieu

Werner Herzog, 1972, Allemagne, 93 min, DCP

 


Mercredi 15 avril

Covid-19 : Séances annulées

Un dernier pour la route

Le Ciné-Tambour vous propose ici un cocktail de films autour d'un thème distillé : l'alcool. Le premier verre, Un singe en hiver, servi par Henri Verneuil en 1962, retrace l'alcoolisme d'Albert Quentin, ancien marin interprété par Gabin, et de Gabriel Fouquet, divorcé déprimé joué par Belmondo, dans la Normandie d'après-guerre. On trinquera ensuite à la santé d’Edgar Wright avec le digestif Le Dernier Pub avant la fin du monde, comédie de science-fiction concoctée en 2013. Une bande d'anciens amis quadragénaires (notamment interprétés par le duo d'acteurs Simon Pegg et Nick Frost) se réunissent pour réitérer un Barathon mémorable dans les pubs de leur ancienne petite ville. Si l'alcoolisme cache les troubles enfouis de certains personnages, il n’est nullement question ici de « boire pour oublier », les deux ivrognes du premier film et la bande de potes du second buvant au contraire pour se remémorer mélancoliquement leur passé glorieux et non renier le présent. Un regard attendrissant, sans jugement, sera porté sur l'addiction à la boisson qui cache une fêlure profonde pour les personnages des deux films. Alors venez consommer sans modération votre séance du Ciné-Tambour !

18h : Un Singe en Hiver

Henri Verneuil, 1962, France, 105 min, DCP

20h30 : Le Dernier Pub avant la fin du monde

Edgar Wright, 2013, Grande-Bretagne, 109 min, DCP

 


 

Suite du programme à venir