Avatar Département d'Arts du spectacle

Ciné Tambour : programme des séances (2nd semestre)

Janvier > Avril 2022

[Programmation sous réserve de modifications]

Tous les films sont proposés en VOSTF.

Attention, le « pass sanitaire » est obligatoire pour entrer dans la salle.


Mercredi 19 janvier

Bousculer les genres

Une fois les codes établis, il faut savoir s’en libérer et plus d’un cinéaste s’est employé à la déconstruction des genres cinématographiques dont il était familier. Ainsi, lorsque le film noir ne manque pas de couleurs, cela donne Made in USA d’un Godard se libérant de toute cohérence narrative à travers une enquête po-étique, po-licière, po-litique. De son côté, « l’anti-western » de Robert Altman, John McCabe, réalisé dans un esprit contestataire et railleur, démantèle l’Ouest mythique encore adulé outre-Atlantique. Là où le film de Godard affiche des personnages et décors hauts en couleur, celui d’Altman nous plonge dans la blancheur de paysages enneigés et l’obscurité d’intérieurs miteux, dynamitant au passage les codes classiques du western classique.

18h : Made in USA

Jean-Luc Godard, 1966, France, 90 min., 35 mm

20h30 : John McCabe [Séance annulée pour raison logistique, reprise le 6 avril]

Robert Altman, 1971, États-Unis, 121 min., DCP


Mercredi 26 janvier

Assembler les wagons

Faire exister un espace-temps inédit : c’est ainsi que l’on pourrait désigner le travail de montage de Catherine Rascon sur les deux films de ce soir. Si L’argent du charbon dépeint les terres arides qui entourent les mines de Mongolie où ne cessent d’aller et venir des camions chargés de charbon, ce précieux matériau dont la vie des travailleurs dépend, Quelques jours ensemble se déroule dans l’espace clos du transsibérien qui traverse l’immensité de la Russie en quelques jours. Il s’agit pour la monteuse de reconstituer dans ces deux films, au-delà des espaces délimités et des faits qui se succèdent, de véritables univers. Ce soir, deux mondes habités par de fortes personnalités et animés par des enjeux politiques vous sont ainsi proposés. Laissez-vous donc porter et apprenez à connaître ces hommes et ces femmes, à la fois si loin et si proches de nous.

En partenariat avec l’exposition « Wang Bing à la trace », du 14 janvier au 26 février 2022 à la Galerie Art & Essai, université Rennes 2

18h : L’Argent du charbon

(Wang Bing, Chine/France, 2009, 53 min., DCP)
suivi d’une rencontre avec Catherine Rascon, monteuse

20h30 : Quelques jours ensemble

(Stéphane Breton, France, 2014, 90 min., DCP)
présenté par Catherine Rascon, monteuse


Mercredi 02 février

Les sens 1 : on ne touche qu’avec les yeux

Pour cette nouvelle année, le Tambour vous invite à explorer l’empire des sens, en débutant par le toucher auquel il vous sera difficile de ne pas recourir face au triptyque de Sergueï Paradjanov consacré à la peinture, puis à l’érotisme froid de Crash, quatorzième long-métrage du Canadien David Cronenberg. Tantôt créateur d’un monde qui se construit par les expérimentations picturales des personnages, tantôt vecteur de pulsions scopiques déréglées chez des êtres névrotiques fascinés par le métal froissé et les corps abîmés, ce fameux toucher a toutefois un but commun chez les deux cinéastes. Celui de servir de lien haptique entre les hommes et des décors en proie au chaos dans lesquels ils semblent étrangement trouver leur confort. Sur l’écran du Tambour, la sollicitation du cinquième sens traduit une attirance autant qu’elle dérange.

En partenariat avec Clair Obscur pour le festival Travelling 2022 et les Écrans variables.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs.

18h : Écrans variables 1 : Triptyque Paradjanov [Festival Travelling 2022]

Triptyque Kyiv Frescoes, Hakob Hovnatanyan et Arabesques on the Theme of Pirosmani (Sergueï Paradjanov, URSS, 1966/1967/1985, 48 min., DCP)
en partenariat avec le festival Travelling 2022

20h30 : Crash

(David Cronenberg, Royaume-Uni/Canada, 1996, 100 min., DCP)


Mercredi 09 février

En rythme

De la décomposition du mouvement au négatif, du ralenti à l’accéléré, du noir au blanc ; dissonances, accords, symphonies de gestes et de couleurs se mêlent et s’entremêlent dans une virée en rythme vers des cinémas pluriels de toutes périodes autour du corps dansant. Sur ce trajet, nous croiserons une sélection de courts-métrages dédiés au rythme et aux chorégraphies de formes, puis arpenterons un territoire classique en compagnie des trois marins d’Un jour à New York, où le flamboyant Technicolor déploie son éventail de couleurs, où les numéros fantasmagoriques s’associent à un spectacle solaire et vivace comme la comédie musicale classique en garde si bien le secret. L’endroit puis l’envers, des courts de passage et un long bien installé, du monde de la nuit au soleil d’un été intense : le Ciné-Tambour vous propose un vaste nuancier de pas de danse.

18h : Sélection de courts-métrages sur la danse

Forges (Clotilde Amprimoz, 2019, France, 27 min., DCP)

Nine Variations on a Dance Theme (Hilary Harris, 1967, 13 min., 16mm)

Rainbow Dance (Len Lye, 1936, 5 min., 16mm)

Adebar (Peter Kubelka, 1957, 3 min., 16mm)

Topic (Pascal Baes, 1989, 12 min., 16 mm)

Pas de deux (Norman McLaren, 1968, 13 min., 16 mm)

Projections suivies d’un échange avec Clotilde Amprimoz, réalisatrice

20h30 : Un jour à New York

(Stanley Donen et Gene Kelly, 1949, États-Unis, 98 min., DCP)


Mercredi 23 février

Vagues à l’âme

Face aux embruns du rivage, de vagabonds personnages aux amours tourmentés divaguent dans deux films habillés de chromatiques pastels alternant noir & blanc et couleur. Si le romantisme de L’amour à la mer accompagne l’histoire passionnelle d’un marin et d’une jeune femme qui déambulent d’abord sur les pavés mouillés de Brest, puis face aux lumières de la ville de Paris, Bonjour Tristesse capture les relations confuses de Cécile, baignées par ces mêmes lumières parisiennes puis sous le soleil de la côte d’Azur, de son lien avec son père à ses aventures passagères d’été. La monochromie du temps présent résonne avec l’introspection mélancolique, décolore les souvenirs dans lesquels les jeunes amoureux se noient dans des vagues nostalgiques, où leurs amours finiront lavés par le passage du temps. L’amour gai, l’amour triste ballottent dans les mouvements cycliques et perpétuels des vagues, balayés comme la marée qui s’agite dans leurs cœurs.

18h : L’amour à la mer

(Guy Gilles, 1965, France, 74 min., DCP)

20h30 : Bonjour Tristesse

(Otto Preminger, 1958, États-Unis, 94 min., DCP)


Mercredi 02 mars

Mini-série, grand écran

Alors que l’enfance est normalement le temps de l’innocence, l’ombre de la repentance noircit la jeunesse des quatre amies d’Emili, jeune fille violée et assassinée par un mystérieux inconnu. Cette séance longue propose de vous immerger ainsi dans les trajectoires de cinq destins différents mais tous liés par la même obsession : qui est le monstre qui a mis fin aux jours d’Emili ? Comment se souvenir, mais aussi oublier cette terrible journée ? Avec ce drame découpé en cinq parties, Kiyoshi Kurosawa nous tient en haleine en faisant surgir l’horreur du quotidien tout en reprenant les codes du film de fantômes japonais, notamment axé sur l’horreur psychologique. Les craintes des protagonistes deviennent les nôtres, au point que nous aimerions les aider à se souvenir des faits. Haletante, cette œuvre hors norme semble nous pousser irrémédiablement vers la résolution du drame. Mais finira-t-elle réellement par arriver ?

Avertissement : des scènes, des propos ou des images sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs.

18h : Shokuzai

(Kiyoshi Kurosawa, 2012, Japon, 121 min. + 152 min., DCP)
avec entracte de 15 minutes

 


Mercredi 09 mars

L’Animation dans tous ses états

Pour cette séance, nous vous proposons un petit tour du monde au cours duquel longs et courts métrages se côtoient pour vous offrir un panorama de l’infinité des possibilités offertes par l’animation, univers difficilement circonscriptible. Le début de soirée sera l’occasion de surprises visuelles avec un long-métrage concentrant pléthore de modalités d’animation, en plus d’y mêler une approche documentaire, pour un mariage rare et pourtant fécond. Nous poursuivrons notre épopée animée par un voyage géographique et temporel à travers des films courts aux techniques diverses : stop motion, dessin animé, écran d’épingles, crayons de cire sur cellulo dépoli... Une soirée qui viendra diversifier notre imaginaire et qui, autant qu’elle nous dépaysera, saluera la richesse des productions animées.

18h : La Montagne magique

(Anca Damian, 2015, Roumanie/Pologne/France, 85 min., DCP)

20h30 : Sélection de courts-métrages

dont 
La Rue des Crocodiles (Frères Quay, 1986, États-Unis, 20 min., 35 mm),
Decorado (Alberto Vazquez, 2016, Espagne/France, 11 min., numérique),
Une nuit sur le mont chauve (Alexandre Alexeieff, 1933, France, 8 min., numérique),
La Traversée de l’Atlantique à la rame (Jean-François Laguionie, France, 1978, 21 min., numérique),
Mémorable (Bruno Collet, 2019, France, 12 min., numérique),
L’Alphabet (David Lynch, 1968, États-Unis, 4 min., Blu-ray),
Le Marchand de notes (Paul Grimault, 1942, France, 11 min., DCP),
Crac (Frédéric Back, 1981, Canada, 15 min., DCP).

 


Mercredi 16 mars

La Rumeur

Méfiez-vous de vos voisins pour cette soirée au Ciné-Tambour, car la rumeur s’immisce parmi nous. Chez Clouzot, elle se loge au cœur d’un petit village en apparence paisible, soudainement frappé par les accusations d’un mystérieux individu. Au cœur de cette France marquée par la guerre, Le Corbeau – film comme personnage – est le reflet d’une intimité qui dépérit et d’une délation devenue seule reine de la discorde sociale. D’une même inculpation, Nyoni transforme I am Not a Witch en une fable satirique grinçante. La rumeur n’est plus un bruit qui court, mais un vacarme ambiant, sombre prétexte pour justifier l’oppression des femmes et le néocolonialisme occidental. Deux films qui interrogent les rapports mêlés entre ombre et lumière, bien et mal, mais aussi homme et femme, au cœur de sociétés distantes, minées par un même climat délétère.

18h : Le Corbeau

(Henri-Georges Clouzot, 1943, France, 92 min., DCP)

20h30 : I am Not a Witch

(Rungano Nyoni, 2017, Zambie/France/Royaume-Uni/Allemagne, 93 min., DCP)

 


Mercredi 23 mars

Panique celtique

Oyez, oyez braves gens, damoiselles et damoiseaux ! Venez voir s’affronter au Ciné-Tambour deux visions contemporaines mais diamétralement opposées de la légende arthurienne. Sur votre gauche, entre en lice Lancelot du Lac de Robert Bresson, tirant les conséquences d’un échec, celui de la quête du Graal. À votre droite, s’avance Monty Python : Sacré Graal !, qui vous invite à prendre part au commencement encore valeureux de cette même quête. Si le froid et le silence traversent le premier, que marque la vision chaotique d’un Lancelot tiraillé entre l’amour profane et l’amour mystique, le second laisse se déployer le goût pour l’absurde et l’outrance de la célèbre troupe d’humoristes britanniques. Faites désormais don de votre voile à votre favori et profitez de cette joute sanglante sur grand écran en criant « Honneur aux fils des preux ! »

En partenariat avec le Musée de Bretagne aux Champs Libres à l’occasion de l’exposition « Celtique ? » du 18 mars au 4 décembre 2022.

18h : Lancelot du Lac

(Robert Bresson, 1974, France/Italie, 80 min., DCP)

20h30 : Monty Python : Sacré Graal !

(Terry Gilliam et Terry Jones, 1975, Royaume-Uni, 91 min., 35 mm)

 


Mercredi 30 mars

… in fabula

Le Ciné-Tambour est un autre pour cette soirée dédiée à la fabulation. Avec Neruda, Pablo Larraín détourne la figure politique et poétique chilienne en une réflexion vibrante autour de la fiction et de la fabrication fabulatrice d’un mythe. Fuyant tout académisme avec sa forme qui mêle les genres, le film virevolte dans une course-poursuite palpitante au tournant de la guerre froide. Autre histoire fabuleuse, Herzog interroge celle du mythe américain et du melting-pot dans La Ballade de Bruno. À travers ce récit tragi-comique où s’entremêlent fiction et geste documentaire, la fable de l’idéologie étasunienne se confronte à la dure réalité des gens de peu. Des révolutionnaires mondains aux pauvres fabulateurs laissés à leurs tombes, deux films aux tonalités lointaines mais au même regard insolent sur l’écriture de l’Histoire et la place de ses oubliés.

En partenariat avec le Master Métiers et Arts de l’exposition à l’occasion de l’exposition « Bertille Bak, le mouton est dans le salon » à la Galerie Art & Essai du 11 mars au 15 avril 2022.

18h : Neruda

(Pablo Larraín, 2016, Chili, 107 min., DCP)

20h30 : La Ballade de Bruno

(Werner Herzog, 1976, Allemagne, 115 min., DCP)

 


Mercredi 6 avril

Les sens 2 : tendre l’oreille

L’empire des sens est de nouveau convié au Tambour autour de deux films radicalement différents, mais à l’unisson pour ausculter l’ouïe. D’un côté, le premier long-métrage de Philippe Grandrieux, une rencontre de fantômes malsains dans un amas de ténèbres. De l’autre, le retour en force de Robert Altman avec son « anti-western » qui abolit l’Ouest mythique en jouant férocement sur les sons dissonants. Quelques aplats de noirs, des contre-jours : face à l’indescriptible et étouffante image de Grandrieux, Sombre conviera également nos oreilles au sein de son horreur sonore. Puis, les codes classiques du western se retrouveront au milieu des paysages enneigés et des intérieurs miteux et obscurs, l’image devenant ainsi une clé de lecture face au son emmitouflé dans les décors.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs.

18h : Sombre

(Philippe Grandrieux, 1999, France, 111 min., DCP)

20h30 : [Reprise] John McCabe

(Robert Altman, 1971, États-Unis, 121 min., DCP)

 


Mercredi 13 avril

Séance fiction

Pour la dernière séance de la saison avant l’été, le Ciné-Tambour vous propose de vous évader radicalement en prenant la direction des étoiles à l’occasion d’une soirée exceptionnelle : levez donc les yeux vers les cieux et ouvrez votre imaginaire aux espaces intergalactiques ! Avec The End of Evangelion, vous découvrirez ainsi le fourmillant univers science-fictionnel développé par Hideaki Anno sous la forme de la série animée culte Neon Genesis Evangelion puis de longs-métrages. Les géants artificiels EVA commandés par des pilotes chevronnés laisseront ensuite place aux  créatures  d’un  film  surprise  se

En partenariat avec les Écrans variables.

18h : Écrans variables 2 : The End of Evangelion

(Hideaki Anno, 1997, Japon, 85 min., DCP)

20h30 : [Séance Surprise] 

un film culte de la Science-fiction !