Avatar Département d'Arts du spectacle

Ciné Tambour : programme des séances (1er semestre)

 

Septembre > Décembre 2021

 

[Programmation sous réserve de modifications]

Tous les films sont proposés en VOSTF.

Attention, le « pass sanitaire » est obligatoire pour entrer dans la salle.


Mercredi 15 septembre

Amours de jeunesse

Saison des cœurs en émoi, l’été se prolonge encore un peu au Ciné-Tambour avec en début de soirée le premier long-métrage de Céline Sciamma, Naissance des pieuvres, qui met en scène les balbutiements amoureux de trois adolescentes se découvrant, elles et leurs corps, tels des territoires encore inexplorés, tout comme le Hong Kong des années 1960 que vous pourrez ensuite visiter dans Nos années sauvages de Wong Kar-Wai, au côté de ses personnages, âmes tristes et solitaires. C'est avec une grande mélancolie que le maître des amours contrariées nous fait ainsi partager la beauté des jeunes idylles, mais aussi la poésie des déceptions amoureuses, thématique emblématique de toute son œuvre à venir.

18h : Naissance des pieuvres

(Céline Sciamma, France, 2007, 85 min., DCP)

20h30 : Nos années sauvages

(Wong Kar-wai, Hong Kong, 1990, 94 min., DCP)

 


Mercredi 22 septembre

Synthèse additive 1 : en vert et contre tous

Sur fond de jungle guatémaltèque puis de forêt sicilienne, les protagonistes de cette soirée s’affrontent par les armes ou les mots. Dans son deuxième long-métrage et premier chef-d’œuvre du cinéma d’action, John McTiernan oppose la star autrichienne Arnold Schwarzenegger et sa troupe des forces spéciales américaines à un chasseur extra-terrestre insaisissable faisant de l’environnement son déguisement. De leur côté, Straub et Huillet s’attachent à adapter, au plus près du texte allemand, la tragédie de Friedrich Hölderlin consacrée à la mort du philosophe présocratique, penseur des quatre éléments du cosmos qui se serait jeté dans l’Etna. Quand le vert de la terre brillera à nouveau pour vous nous dit le sous-titre de ce second film : venez ainsi vous perdre à votre tour dans la nature auréolant ces personnages pris dans le vert du décor.

En partenariat avec les Écrans variables.

18h : Predator

(John McTiernan, États-Unis, 1987, 107 min., DCP) [Écrans variables 1]

20h30 : La Mort d'Empédocle

(Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, Allemagne/France, 1987, 133 min., 35 mm)

 


Mercredi 29 septembre

Femmes de cour et d’action

Regarder un film, c’est se rendre disponible à la rencontre. Avec des espaces, des sensations, une perception du monde… Ou plus simplement des personnages. Ce soir, le Ciné-Tambour vous donne l’occasion de faire la connaissance de deux femmes au charisme certain, venues d’époques lointaines et de genres différents (le premier film est un péplum des années 1950 quand le second est un wu xia pian réalisé en 2015). Theodora et Nie Yinniang, entre sens moral et affres sentimentales, défendent avec force le clan des héroïnes épiques sur lesquelles souffle le vent de l’Histoire. À la sensualité tumultueuse d’un corps impérial (Theodora, impératrice de Byzance) succède un calme plat qu’une lame assassine menace à tout instant de percer d’un coup vif (The Assassin), pour une soirée au ton double et aux couleurs multiples où la rencontre, si elle se fait, ne sera pas tranquille.

18h : Theodora, impératrice de Byzance

(Riccardo Freda, Italie, 1954, 91 min., 35 mm)

20h30 : The Assassin

(Hou Hsiao-hsien, Taïwan, 2015, 105 min., DCP)

 


Mercredi 06 octobre

L’Enfer du décor

« Vous qui entrez ici... », n’oubliez pas votre carte d’adhérent pour profiter de cette soirée infernale qui vous plonge tout d’abord dans les enfers tels que dépeints par Dante, le poète italien au cœur du projet de recherche partenaire de la soirée, « Dante d’hier à aujourd’hui en France », et dont les visions ont inspiré nombre de spectaculaires productions italiennes du temps du muet. Passez ensuite de l’autre côté du miroir pour vous confronter non plus au diable mais à l’antéchrist, ou plus exactement à un anti-Dieu, comme on parle d’antimatière, grâce à un chef-d’œuvre du cinéma horrifique signé John Carpenter, probablement l’un des films les plus angoissants d'une carrière pourtant riche en frissons.

En partenariat avec le projet « Dante d’hier à aujourd’hui en France » et le festival Court Métrange.

18h : Maciste aux enfers

(Guido Brignone, Italie, 1925, 52 min., DCP)

20h30 : Prince des ténèbres

(John Carpenter, États-Unis, 1987, 102 min., DCP)

 


Mercredi 13 octobre

Synthèse additive 2 : voir rouge

Tel un choc visuel, la couleur rouge tâche ce soir l’écran du Tambour et marque la rétine des spectateurs. Les matières textiles, comme les tapisseries et les rideaux de la demeure suédoise de Cris et chuchotements ou la veste mythique de James Dean dans La Fureur de vivre sont autant de surfaces qui servent à inscrire une couleur vive sur les pellicules, l’éternel t-shirt de Dean et les robes blanches des sœurs d’Agnès contrastant par leur neutralité avec cette ponctuation pourpre. Couleur de la démonstration, le rouge souligne alors la détresse psychologique et la fureur des personnages : tentative de suicide et mutilation chez Bergman élèvent leurs mains enduites de sang tandis qu’une rage carminée enveloppe le héros de Ray qui revêt sa veste rouge comme un costume de rebelle et accompagne cette nouvelle identité visuelle d’actes de vandalisme. Sur l’écran, le rouge comme ébullition, jusqu’à l’explosion verbale et physique.

18h : Cris et chuchotements

(Ingmar Bergman, Suède, 1972, 91 min., DCP)

20h30 : La Fureur de vivre

(Nicholas Ray, États-Unis, 1955, 111 min., DCP)

 


Mercredi 20 octobre

Énergie explosive

Sur l’écran, une explosion, une déflagration mutilant les corps, déchiquetant la peau et disloquant les os dans deux films novateurs qui partagent séquences virevoltantes et hallucinatoires, mélangent le fer et la chair, laissent le mal s’insinuer dans des corps faits de terreur et souffrance. Avec sa comédie horrifique Evil Dead 2, dans laquelle on retrouve Ash aux prises avec des entités démoniaques, Sam Raimi choisit d'exploser tous les canons de son précédent opus par une réécriture déjantée à l’énergie communicative. De son côté, en adaptant son manga culte Akira dans lequel le membre d’un groupe de jeunes motards est enlevé par des militaires menant des expériences sur les pouvoirs psychiques, Katsuhiro Ōtomo laisse déborder l’énergie des corps et des machines dans les rues de Neo Tokyo, mégapole tentaculaire au bord d’un nouveau cataclysme nucléaire.

En partenariat avec les Écrans variables.

18h : Evil Dead 2

(Sam Raimi, États-Unis, 1987, 85 min., DCP)

20h30 : Akira

(Katsuhiro Ōtomo, Japon, 1988, 124 min., DCP) [Écrans variables 2]

 


Mercredi 27 octobre

Imprimez la légende !

Le journalisme est au cœur de nos sociétés contemporaines et les films de cette soirée en témoignent à leur manière. Le Kiosque trouve son origine dans l’héritage de sa réalisatrice, issue d’une lignée de kiosquiers. Passionnée, virevoltante et tendre, elle aide et aime son kiosque, celui de sa famille qui compte tant. Les visages défilent, les sourires illuminent cette petite entreprise, mais jamais ne permettent d’oublier la crise à laquelle le secteur de la presse semble faire face. De son côté, Howard Hawks, en 1940, propose un classique des « comédies de remariage ». Sous le vernis d’une sympathique screwball comedy, La Dame du vendredi déploie pourtant un regard lucide et acide sur les journalistes, prêts à congédier toute vertu pour arriver à leurs fins. Attachante comme
disgracieuse, généreuse comme cupide, la presse a donc bien des visages sur grand écran !

En partenariat avec Le Mois du doc

18h : Le Kiosque

(Alexandra Pianelli, France, 2020, 76 min., DCP)

20h30 : La Dame du vendredi

(Howard Hawks, États-Unis, 1940, 92 min., DCP)

 


Mercredi 10 novembre

La Der des ders (?)

La guerre nourrit la guerre”…  Ce soir, deux regards sur deux sources traumatiques de la mémoire française se croisent au Ciné-Tambour. Sur les pas de Camille, jeune femme rejoignant une troupe de poilus pour retrouver son mari disparu au front, La France est une œuvre de contradictions, tantôt rongée par le désespoir de ses personnages, tantôt emportée par des élans de joie incongrus et hors-du-temps, lorsque le chant reprend le contrôle des corps abîmés. Contradictions que l’on retrouve dans Avoir 20 ans dans les Aurès, celles d’un groupe d’appelés bretons, farouches opposants à la guerre devenus comme les autres des machines à tuer. Témoin précieux et censuré de son temps marqué par les tabous et le traumatisme, cette « arme de témoignage » (dixit Vautier lui-même) est une arme cruelle et féroce, une quête de vérité dans le rapport des hommes au conflit franco-algérien d’une frontalité rare. Derrière les cris, derrière les silences, la rage de la guerre comme un éternel retour. 

En partenariat avec Films en Bretagne

18h : La France

(Serge Bozon, France, 2007, 98 min., 35 mm)

20h30 : Avoir 20 ans dans les Aurès

(René Vautier, France, 1972, 97 min., DCP)

 


Mercredi 17 novembre

Le Japon (au féminin) selon Naruse

C’est par le biais de deux poignants portraits de femmes signés Naruse que le Ciné-Tambour vous invite à plonger, le temps d’une soirée, dans le Japon du milieu du siècle dernier. Une immersion en noir et blanc dans un quotidien régi par un patriarcat écrasant auquel nos héroïnes se retrouvent soumises malgré elles. À travers ces vies, le cinéaste nous dévoile l’envers du décor d’une société où l’apparente « bienséance » est impitoyable pour celles qui doivent s’y conformer. Aussi bien dans Le Grondement de la Montagne, explorant les failles du couple marié, que dans Quand une Femme monte l’escalier, plus centré sur l’impossibilité d’une indépendance purement féminine, c’est en entrant dans l’intimité de ses personnages, au travers de leurs relations – notamment aux hommes – et de leurs attentes que le réalisateur met en évidence la dure réalité d’une époque difficile à appréhender pour les Japonaises. 

En partenariat avec le Festival des 3 Continents

18h : Le Grondement de la montagne

(Mikio Naruse, Japon, 1954, 94 min., DCP)

20h30 : Quand une femme monte l’escalier

(Mikio Naruse, Japon, 1960, 111 min., DCP)

 


Mercredi 24 novembre

C’est show !

Entre les paillettes et les froufrous, les regards convergent sur les danseuses de cabaret incarnées par Françoise Arnoul dans French Cancan et Elizabeth Berkley dans Showgirls, vedettes sensuelles et charismatiques. Si ces figures féminines semblent tout d’abord opposées – Nini, interprétée par la première, évolue dans un Paris chantant, tandis que Nomi, jouée par la seconde, traverse un Las Vegas tumultueux –, toutes deux cherchent à réaliser leur rêve de danseuse et partagent la même ambition. Du traditionnel french cancan mis en scène par Jean Renoir aux mouvements charnels des chorégraphies contemporaines dans le film de Paul Verhoeven, la danse est ainsi à l’honneur dans ces deux longs-métrages. Et maintenant, ladies and gentlemen, place au show !

En partenariat avec le Festival Transversales

18h : French Cancan

(Jean Renoir, France, 1955, 108 min., 35mm)

20h30 : Showgirls

(Paul Verhoeven, États-Unis, 1995, 131 min., DCP)

 


Mercredi 01 décembre

Synthèse additive 3 : le bleu du ciel

Le ciel est bleu mais les oiseaux ne chantent pas toujours. D’un côté, Lauri et Ilona, dans Au loin s’en vont les nuages, essaient, suite à la perte de leurs emplois, de ne pas se laisser emporter par le chômage. De l’autre, Sully, dans le film du même nom, tente de garder la tête hors de l’eau suite à l’amerrissage forcé du vol US Airways 1549 qu’il pilotait. Deux histoires qui traitent, avec des angles différents, du travail et du poids des institutions avec poésie et réalisme, mais également de résilience et d’espoir. Entre tempêtes intérieures, cyclones émotionnels et éclaircies, les films de ce soir suivent des protagonistes prêts à tout pour que se dessinent au loin des jours meilleurs, pour qu’enfin se dégage le ciel, afin d’y apercevoir de plus heureux horizons.

18h : Au loin s’en vont les nuages

(Aki Kaurismäki, Finlande, 1996, 96 min., DCP)

20h30 : Sully

(Clint Eastwood, États-Unis, 2016, 96 min., DCP)

 


Mercredi 08 décembre

... comme des trains dans la nuit

Votre attention s’il vous plaît : le train de nuit à destination d’une soirée pleine de frissons entre en gare voie 1 ! Deux huis-clos en mouvement, inspirés de la littérature, vont ainsi vous emmener en voyage à travers différents paysages anxiogènes déferlants à grande vitesse. Passagers du Ciné-Tambour, il est maintenant l’heure d’embarquer au côté de Jean Renoir qui, fort de sa réécriture, plus en phase avec son époque, du roman d’Émile Zola, vous offre une première destination vers l’angoisse en laissant parler les âmes tourmentées et les pulsions dévastatrices justifiées par l’amour. De l’autre côté du quai, Sidney Lumet sublime la figure emblématique d’Hercule Poirot à travers une adaptation haletante d’un célèbre roman d’Agatha Christie.

18h : La Bête humaine

(Jean Renoir, France, 1938, 100 min., DCP)

20h30 : Le Crime de l’Orient-Express

(Sidney Lumet, Royaume-Uni, 1974, 128 min., DCP)