Avatar Département d'Arts du spectacle

Ciné Tambour : programme des séances (1er semestre)

 

Septembre > Décembre 2019

 

[Programmation sous réserve de modifications]

Tous les films sont proposés en version originale.


 

Mercredi 11 septembre

Faites tourner (les bobines)

Alors que l’Université Rennes 2 souffle cette année sa cinquantième bougie, le Ciné-Tambour s’associe avec les Écrans variables et vous transporte en 1969, en plein cœur du mouvement psychédélique. Moment phare de cette époque, Woodstock sera mis à l’honneur avec Tommy de Ken Russell qui fera résonner les murs du Tambour au son de l’opéra-rock éponyme de The Who joué cette année-là sur la scène du célèbre festival. Les membres du groupe britannique se retrouvent dans ce film empli de scènes colorées et mouvantes afin de donner vie à une œuvre ambitieuse aussi atypique que déconcertante. La deuxième partie de soirée explorera le cinéma expérimental de l’époque à travers une ronde de courts métrages qui vous plongeront dans un véritable voyage visuel et sonore au pays du psychédélisme. Alors laissez-vous porter par les images et les sons et venez planer au Tambour !

18h00 : Tommy

Ken Russel (1975, Royaume-Uni, 108 mn, DCP)

20h30 : Écrans variables : Psychédélique

Détail de la sélection :

  • Allures (Jordan Belson, 1961, 7mn, 16mm)
  • Poemfield #7 (Stan VanDerBeek, 1967, 5mn, 16mm)
  • Le Voyage (Michel Body, 1967, 9mn, fichier)
  • Jungle Island (Jack Smith, 1967, 20mn, 16mm)
  • Chumlum (Ron Rice, 1964, 26mn, 16mm)
  • Homeo (Etienne O’Leary, 1967, 38mn, 16mm)

 


Mercredi 18 septembre

… et toujours pas une ride !

Tension, agitation, incompréhension, colère. Voici ce qui vous attend en cette étrange soirée durant laquelle le criminel et le bourgeois vont voir leurs ambivalences et leurs faces cachées révélées respectivement par Fritz Lang dans M Le Maudit et Luis Buñuel dans L’Ange exterminateur. Les deux réalisateurs ne craignent pas pour l’occasion de bousculer les stéréotypes de leurs temps, au risque de déranger leurs contemporains, préférant mettre au jour pour les moquer ou les critiquer certains dogmes et leurs dérives absurdes ou choquantes. Plusieurs décennies après, les propos de ces films pourtant désormais hissés au rang de classiques n’ont pas fini de résonner dans nos sociétés, l’absurde ou la poésie qui s’en dégagent finissant de leur donner un aspect intemporel. Le Ciné-Tambour vous propose donc de venir juger à votre tour de leur indéfectible actualité.

18h00 : M le Maudit

Fritz Lang (1931, Allemagne, 110 mn, DCP)

20h30 : L’Ange exterminateur

Luis Buñuel (1962, Mexique, 93 mn, DCP)

 


Mercredi 25 septembre

Dr Guinness et Mr Sellers

Le Ciné-Tambour met à l’honneur deux grands comédiens britanniques, Alec Guinness et celui qui deviendra en quelque sorte son successeur, Peter Sellers. Cette double séance promet ainsi d’être aussi burlesque qu’inoubliable avec tout d’abord un classique de la comédie anglaise, Tueurs de Dames, produit par les mythiques studios Ealing. Guinness y campe un personnage de voleur manipulateur dont les yeux exorbités font autant frémir que sa gestuelle absurde fait hurler de rire. Soyez attentifs et repérez à ses côtés le jeune Sellers dans l’un de ses premiers rôles qui sera pour lui une véritable formation artistique, avant que son génie comique ne soit définitivement confirmé dans le chef-d’œuvre d’un certain Stanley Kubrick, Docteur Folamour, dans lequel l’acteur livre une prestation époustouflante en interprétant trois personnages mémorables, dont celui du fameux docteur éponyme.

18h00 : Tueurs de dames

Alexander Mackendrick (1955, Royaume-Uni, 91 mn, DCP)

20h30 : Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe

Stanley Kubrick (1964, États-Unis/Royaume-Uni, 90 mn, DCP)

 


Mercredi 02 octobre

Deux histoires et au lit !

À l’occasion d’une soirée s’annonçant riche en magie et en beauté, entre contes d’Asie et d’Orient, venez tout d’abord découvrir Le Serpent blanc, véritable tournant dans l’histoire du cinéma d’animation au même titre que le Blanche Neige de 1937. Premier long-métrage en couleur du genre au Japon, il marque notamment en son temps l’un des plus grands noms du cinéma d’animation, le cinéaste Hayao Miyazaki. Venez ensuite poursuivre la rêverie avec un Ciné-Concert autour d’une histoire célébrant l’univers des Mille et une nuits, maintes fois revisité au cinéma, avec Le Voleur de Bagdad qui sera accompagné en direct pour l’occasion par le Quartet de Christofer Bjurström. Cette double séance ainsi placée sous le signe du merveilleux promet d’être un enchantement pour les yeux et les oreilles, en plus de nous donner l’opportunité de nous replonger dans nos émerveillements d’enfants.

18h00 : Le Serpent Blanc

Taiji Yabushita (1958, Japon, 78 mn, 35 mm)

20h30 : Le Voleur de Bagdad

Raoul Walsh (1924, États-Unis, 155 mn, num)

Ciné-concert du Bjurström Quartet

 


Mercredi 9 octobre

Défaites de famille

L’expression « on ne choisit pas sa famille » prend tout son sens dans Ma Fille dans lequel Vittoria se lie d’amitié avec Angelica, une femme libre et insouciante dont le caractère s’oppose complètement à celui de sa propre mère, avant tout soucieuse de l’éducation de sa fille. Attirée par son laxisme, la jeune fille ne se doute cependant pas que les deux adultes sont liés par un secret à l’origine de profonds conflits. Délaissons ensuite la chaleur de la Sardaigne pour le Danemark avec une ambiance pourtant tout aussi pesante. Une fête de famille, quel cauchemar lorsque l’on a grandi dans un milieu bourgeois dans lequel il est de rigueur de sauver les apparences coûte que coûte, peu importe les lourds secrets pouvant couver sous la surface ! Ce cauchemar, Christian le connaît bien et nous y plongeons avec lui pendant 105 minutes, à l’occasion de Festen, premier film issu du Dogme 95.

18h00 : Ma fille

Laura Bispuri (2018, Italie, 97 mn, DCP)

En partenariat avec "Films en Bretagne"

20h30 : Festen

Thomas Vinterberg (1998, Danemark, 105 mn, DCP)

 


Mercredi 16 octobre

Work work work work work work

À l’occasion de cette soirée autour du travail, ou de son refus, le Ciné-Tambour vous propose de suivre les quotidiens de jeunes femmes diamétralement opposées. Pour son premier long-métrage, Theresa Thraoré Dahlberg suit un groupe de neuf femmes cherchant à s’affranchir du statut qui leur est réservé par la société patriarcale. Mais parviendront-elles à trouver leur indépendance grâce aux efforts qu’elles fournissent au sein de leur école de carrosserie ? En miroir de ces femmes motivées par le travail, retrouvez ensuite les deux protagonistes du film de Věra Chytilová qui choisissent quant à elles de rejeter les plans de vie que la société veut leur imposer en décrétant que plus rien n’a d’importance. Le travail devient alors le cadet de leurs soucis et les deux amies entament une nouvelle existence durant laquelle elles comptent bien accomplir leurs moindres désirs.

18h00 : Ouaga Girls

Theresa Traore Dahlberg (2017, Burkina Faso, 82 mn, DCP)

20h30 : Les Petites Marguerites

Věra Chytilová (1966, Tchécoslovaquie, 74 mn, DCP)

 


Mercredi 23 octobre

La Mort dans l’objectif

Art du temps qui passe, du mouvement et donc de la vie, le cinéma est aussi capable corollairement de filmer la mort… C’est ce tabou ultime qu’affrontent à plus de trente ans d’intervalle Michael Powell et Alejandro Amenábar dans deux thrillers au cœur desquels se tapissent de glaçants snuff movies. Trop choquant pour son époque, Le Voyeur est aujourd’hui considéré comme un film fondateur du cinéma d’angoisse, au même titre que le Psychose d’Hitchcock sorti la même année, tandis que Tesis permet à son jeune réalisateur d’explorer une légende urbaine tenace à travers l’enquête de deux doctorants en études audiovisuelles. Chacun à sa façon, ces deux films proposent une réflexion éthique sur la place réservée au spectateur lorsque le cinéma le confronte à la grande faucheuse. Reste à savoir si vous aurez à votre tour le courage de garder les yeux ouverts pour la regarder en face…

18h00 : Le Voyeur

Michael Powell (1960, Royaume-Uni, 101 mn, DCP)

20h30 : Tesis

Alejandro Amenábar (1996, Espagne, 125 mn, Blu-ray)

 


Mercredi 6 novembre

Esprits, êtes-vous là ?

Selon les croyances populaires japonaises, très influencées par le bouddhisme et le shintoïsme, il y aurait dans notre monde des âmes errantes, les « Yūrei », fantômes de personnes décédées en laissant derrière eux des regrets, de la rancœur ou encore de la tristesse. À l'occasion du Mois du Doc, nous embarquerons pour l'archipel nippon avec Brise-lames, un documentaire d'Hélène Robert et Jeremy Perrin revenant sur l'impact du tsunami de 2011, en mêlant inquiétudes matérialistes et histoires d'esprits qui hantent la population locale. Puis, afin de célébrer la tenue du festival des 3 continents, nous voyagerons dans le temps avec Les Contes de la lune vague après la pluie de Kenji Mizoguchi, portrait de l'instable Japon féodal, questionnant notamment les désirs, les illusions et l'égoïsme des hommes. Dans ces deux films, les frontières entre le monde des vivants et celui des morts deviennent minces...

18h : Brise-lames

Hélène Robert et Jérémy Perrin (2019, Japon/France, 68 mn, DCP)

Suivi d’une rencontre avec les deux réalisateurs
En collaboration avec Comptoir du Doc dans le cadre du Mois du Doc

20h30 : Les Contes de la lune vague après la pluie

Kenji Mizoguchi (1953, Japon, 97 mn, DCP)
Suivi d’une rencontre avec Jérôme Baron, directeur artistique du festival des 3 continents

 


Mercredi 13 novembre

Post Tenebras Lux

Plongé dans une salle obscure, un jet lumineux vient frapper un écran et un monde prend vie. Inexplicablement abstraits ou profondément concrets, ces mondes de cinéma sont des mondes de projection. Projection d'un esprit ou d'un rêve, d'un mouvement ou d'une peur. C'est autour de cette idée de projection que nous vous invitons à découvrir, dans un premier temps, une séance Écrans Variables programmée par des artistes issus du collectif Zero Pixel dans le cadre d’une performance résultant d'un atelier collaboratif autour du film structurel, de la partition graphique, du flicker et de la relation au son optique. Dans la continuité de cette « fabrique du film », Berberian Sound Studio nous plongera dans les coulisses d'un studio de bruitage underground pour un thriller viscéral aux sonorités organiques et aux images à l'atmosphère giallo ! Alors plongés dans le noir, laissez-vous donc guider par la lumière !

18h : Écrans Variables

Workshop Collectif Zero Pixel
Performance + projection de courts métrages expérimentaux (programmation à venir)

20h30 : Berberian Sound Studio

Peter Strickland (2012, Royaume-Uni, 94 mn, DCP)

 


Mercredi 20 novembre

Shebam, pow, blop, wizz !​​​​​​​

Bien que la chorégraphie des corps puisse être entendue comme l'un des gestes essentiels de la mise en scène, certains cinéastes y portent une attention toute particulière. À travers cette double-séance, le Ciné-Tambour vous propose de porter un regard sur cette manière de filmer les corps en mouvement en Asie et en Occident. En première partie de soirée, venez (re)découvrir Dragon Gate Inn, chef-d'œuvre du film de sabre chinois (film de « wuxia ») réalisé par King Hu. Entre arts martiaux et danse, les combats spectaculaires du film s’adossent à une critique des vices du pouvoir et de l'arrogance. Puis avec Peur sur la ville, Henri Verneuil s'empare du thriller avec l'aide d'un Belmondo cascadeur aux allures de « shérif » moderne, enchainant les situations délicates sur les toits des galeries Lafayette ou dans le métro parisien. À la fois belles et improbables, questionnant le cadre et le geste, les acrobaties de ces deux films sauront tenir tous vos sens en alerte.

18h : Dragon Gate Inn​​​​​​​

King Hu (1967, Taïwan, 111 mn, DCP)

20h30 : Peur sur la ville​​​​​​​

Henri Verneuil (1975, France, 120 mn, 35mm)

 


Mercredi 27 novembre

Prête-moi ta plume

Séance en partenariat avec Transversales : Écriture(s)

La relation entre l’écran et l’écrit a toujours recelé de formidables réflexions sur le média en lui-même, ce que la double-séance du Ciné-Tambour de ce soir, en partenariat avec le Festival Transversales dédié aux écritures pour sa neuvième édition, vous invite à découvrir à travers deux films explorant de manière singulière la figure du scénariste. Nous entamerons la soirée aux côtés d’Isabelle Huppert et Yoo Joon-sang, figures fantasmées par une jeune écrivaine dans In Another Country de Hong Sang-soo, avant de traverser la mer du Japon et l’océan Pacifique pour nous rendre à Hollywood, et rencontrer Humphrey Bogart dans le rôle d’un scénariste cynique en panne d’inspiration et accusé de meurtre, teintant le traditionnel film noir d’une réflexion sur les douteuses mœurs hollywoodiennes. Deux occasions, diamétralement opposées, d’explorer la figure de l’écrivain, et d’illustrer la fameuse citation d’Henri-Georges Clouzot : « Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire ».

18h : In Another Country

Hong Sang-soo (2012, Corée du sud, 89 mn, DCP) 

220h30 : Le Violent​​​​​​​

Nicholas Ray (1950, États-Unis, 94 mn, DCP)

 


Mercredi 4 décembre

Dans ma peau

Cette dernière séance du Ciné-Tambour de 2019 se tourne vers la thématique de l'identité de genre, à travers deux films à priori diamétralement opposés : Priscilla, folle du désert de Stephan Elliott et Boys Don't Cry de Kimberly Peirce. Le premier est un road-trip ancré au beau milieu du désert australien, reposant sur trois personnages principaux exubérants et une bande-originale emblématique de la culture LGBT. Passé ce film solaire, Kimberly Peirce nous emmène avec Boys Don't Cry au sein des communautés pauvres du Nebraska, pour un drame nocturne évoquant l'histoire vraie de Brandon Teena, un jeune homme transgenre. Ces deux œuvres se font écho à travers une mise en avant des corps et des regards qu'ils attirent, mais aussi autour de la nécessité de la tolérance dans une société à deux vitesses ; où les identités marginales sont de plus en plus reconnues mais peinent à être acceptées face à un retour des discours réactionnaires.

18h : Priscilla, folle du désert​​​​​​​

Stephan Elliott (1994, Australie, 104 mn, DCP)

20h30 : Boys Don’t Cry​​​​​​​

Kimberly Peirce (1999, Etats-Unis, 118 mn, 35mm)