Rennes 2 lance sa revue scientifique, Palimpseste

Autre info

Le nouveau magazine sortira le 7 mars 2019. Dédié à la valorisation de la recherche en sciences humaines et sociales, il vise à faire connaître la richesse et la pluralité des travaux des laboratoires que compte Rennes 2, mais aussi à constituer un espace de réflexion et de débats autour des défis contemporains et à venir. Rencontre avec Cyrille Habert, secrétaire de rédaction de Palimpseste.

Comment est née l’idée de créer une revue scientifique à Rennes 2 ?

Cyrille Habert Le projet de cette revue consistait à renforcer la visibilité des travaux de recherche menés à Rennes 2. En tant qu’université de sciences humaines et sociales (SHS), l’établissement est très ancré dans les problématiques de société contemporaines, mais ses recherches sont assez peu connues en dehors du périmètre de l’université. La revue souhaite donc s’ouvrir à un public qui ne soit pas uniquement académique. Tel est le but de Palimpseste et tel était l’enjeu, pour la direction, d’inscrire la création de cette revue dans le projet d’établissement.

À qui s’adresse cette revue ?

C. H. Notre souhait est de la diffuser au plus large public possible. Mais l’intérêt pour l’université de se doter d’une revue comme celle-ci est de communiquer également à l’interne afin de développer les initiatives inter- et pluridisciplinaires. Nous nous sommes rendu compte que les enseignants-chercheurs et les chercheurs ne sont pas forcément au courant que des collègues d’autres disciplines travaillent sur des problématiques identiques.

Qui compose le comité éditorial de Palimpseste ?

C. H. Le comité éditorial est composé, outre du directeur de la publication, Olivier David, et du rédacteur en chef, Leszek Brogowski, de représentant·e·s de la recherche, y compris de la recherche doctorale, des UFR, et des membres de la direction directement impliqués dans l’aventure éditoriale. Le CNRS compte deux représentantes. La direction de la recherche et de la valorisation et le service communication sont également représentés. Le comité éditorial se réunit une fois par mois. Nous élaborons le sommaire de la revue au cours de ces réunions.

Qui sont les auteur·e·s de la revue ?

C.H. En fonction des thématiques abordées, les membres du comité éditorial contactent les directions des laboratoires et les enseignant·e·s-chercheur·e·s pour solliciter une contribution dans la revue. Cela dit, le comité éditorial est évidemment ouvert à toute proposition spontanée d’article puisque le dessein de Palimpseste est de constituer peu à peu les archives de la recherche à l’université Rennes 2.

Que pouvez-vous nous dévoiler du contenu du premier numéro de Palimpseste ?

C. H. Le magazine, qui sortira trois fois par an, est structuré autour d’un dossier thématique. Pour le premier numéro, le choix a été de porter notre attention sur l’innovation en sciences humaines et sociales. Or, l’innovation peut s’entendre au sens où l’on développerait un nouvel objet d’étude. C’est le cas d’Émilie Dardenne qui propose un article sur les études animales, un domaine à ce jour exploré surtout par les Anglo-Saxons mais peu répandu en France. Innover peut aussi s’entendre au sens de l’innovation méthodologique. Je prends l’exemple d’un contributeur doctorant qui propose un article sur l’usage des jeux vidéo en pédopsychiatrie. La problématique est intéressante parce que l’on a souvent tendance à accuser le numérique de détourner les adolescents d’une vie sociale. Quentin Dumoulin observe dans son article que le lien avec autrui peut être renoué grâce aux jeux vidéos. Les neuf articles du dossier souhaitaient montrer que les innovations en SHS prennent souvent le contre-pied de ce qui est plus ou moins répandu dans les médias traditionnels.

La revue est aussi ouverte à des articles qui ne sont pas directement en rapport avec le dossier, les varia. Dans ce premier numéro, il nous a semblé important de faire appel à Alexandre Serres, référent à l’intégrité scientifique à Rennes 2, pour traiter de l’éthique de la recherche, dans une période où la notion de données de recherche apparaît comme très problématique dans sa diffusion, sa protection et sa conservation. Ce premier numéro s’achève sur un clin d’œil au théoricien de la littérature Gérard Genette décédé en 2018, qui a publié en 1982 un ouvrage intitulé Palimpsestes. Pierre-Henry Frangne revient sur les discussions qui ont animé un colloque qu’il avait organisé en 2010 à Rennes 2 autour de la théorie de l’art de Gérard Genette.

Palimpseste, c’est aussi le nom de la revue...

C. H. Le mot « palimpseste » désigne ces manuscrits médiévaux qui étaient effacés par grattage afin qu’ils puissent resservir à copier d’autres textes. Cette notion de palimpseste nous a intéressés parce que, comme le dit justement Gérard Genette, le texte qui se superpose au précédent n’efface pas complètement le texte d’origine : il le laisse voir en transparence. Or, c’est le propre même de notre activité éditoriale dans cette revue que de proposer des textes qui, au fil des numéros, viennent compléter les précédents.

La revue sera-t-elle accessible en ligne ?

Cyrille Habert Oui. La version numérique de la revue sera disponible sur une page dédiée du site internet de Rennes 2. Elle sera téléchargeable au format pdf, enrichie de liens hypertextes. À la rentrée universitaire 2019, nous espérons avoir construit un site qui proposera les articles en ligne, avec des contenus enrichis : interviews des auteurs, iconographie, bibliographies, documents sonores et visuels… Une dimension essentielle du site sera aussi de proposer des index permettant de repérer les articles traitant d’un même sujet, mais investi par des chercheurs de disciplines différentes. Nous allons voir grâce à ces index, du moins me semble-t-il, autant de convergences dans certains objets que de divergences dans les manières de les traiter !
 

Informations pratiques
Campus de Villejean (Rennes)

À l’occasion de la sortie de Palimpseste, une table ronde sera organisée le 7 mars 2019 à 11h00 au Tambour, suivie d’un cocktail déjeunatoire.

 

Contact

Contact : cyrille.habert [at] univ-rennes2.fr