Au Cirefe, l’accueil des étudiant·e·s en exil renforcé

Autre info

Depuis 2015, l’université Rennes 2 prend à sa charge l’inscription des étudiant·e·s en exil afin de leur permettre d’acquérir un niveau de français suffisant pour la poursuite d’études supérieures en France.

Ces dernières années, l’université Rennes 2 a renforcé sa politique d’accueil des étudiant·e·s en exil (réfugiés, demandeurs d’asile, bénéficiaires de la protection subsidiaire) au Centre international rennais d'études de Français pour étrangers (Cirefe), lui consacrant des moyens substantiels. En effet, depuis 2015, le Cirefe finance leur accueil sur son budget, leur permettant ainsi de s’inscrire sans frais.

L’objectif est de permettre à ces étudiants de commencer ou de reprendre des études en acquérant un niveau de français suffisant, explique Mathieu Plas, le directeur du Cirefe. Certains de nos étudiants ne parlent pas un mot de français quand ils arrivent chez nous et nous les aidons à atteindre le niveau requis pour s’inscrire à l’université.” La maîtrise de la langue française est essentielle à l’intégration de ces étudiant·e·s qui doivent reconstruire une vie sociale et professionnelle loin de leur pays d’origine. Les places au Cirefe étant limitées et inférieures aux demandes, sont donc sélectionnés en priorité les étudiant·e·s en exil qui ont pour projet de poursuivre des études dans un établissement d’enseignement supérieur.

Le Cirefe a mis en place en janvier 2018 une permanence quotidienne pour le suivi pédagogique des étudiant·e·s en exil dont les profils sont très variés, la moyenne d’âge s’élevant à environ 25 ans. Sophie Busson assure cette responsabilité depuis un an et demi.“Certains travaillaient dans leur pays, d’autres ont été peu scolarisés dans l’alphabet latin, explique-t-elle. Parmi les étudiant·e·s en exil, il y a des pharmaciens, des informaticiens, des journalistes… Devant l'ampleur d'un projet à reconstruire dans leur domaine d'études ou professionnel, ils choisissent parfois de changer de voie à leur arrivée en France. Par exemple, l’un de nos étudiants, qui était juriste en Albanie, a finalement décidé de se reconvertir professionnellement et de suivre une formation d’électricien.” 

L’université Rennes 2 a voté en juin 2019 la création du diplôme d’université (DU) Passerelle-Étudiants en exil, comme l’ont fait plusieurs universités françaises. Centré sur l’apprentissage de la langue française et la préparation des étudiant·e·s étranger·ère·s à une intégration dans un cycle universitaire Licence-Master-Doctorat ainsi qu’à l’insertion professionnelle, cette formation est reconnue par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et éligible aux aides sociales. Les étudiant·e·s qui la suivent pourront donc prétendre aux bourses sur critères sociaux et aux logements étudiants du CROUS. 


Témoignages

Inis, 25 ans

J’ai commencé à suivre les cours du Cirefe en octobre 2018. J’étais en France depuis un peu plus d’un an et j’avais commencé à apprendre le français seule chez moi. Je suis passée du niveau B1 au niveau B2 (ndlr : niveau requis pour suivre des cours à l’université Rennes 2) et j’espère pouvoir poursuivre jusqu’au niveau C2. En Albanie, je faisais de la danse classique, mais aujourd’hui je veux étudier les langues étrangères à l’université. J’ai appris l’espagnol en regardant des séries et ici, je pratique avec mes amis hispanophones du Cirefe !

Osama, 28 ans

Je suis inscrit au Cirefe depuis un an. Je ne parlais pas du tout français quand j’ai quitté la Syrie et maintenant j’ai atteint le niveau C1. La manière d’enseigner au Cirefe est très efficace. Nous faisons de la compréhension orale, de la grammaire, nous apprenons à jongler avec le langage familier. On nous propose aussi des sorties culturelles qui m’ont permis d’échanger avec des Français. J’ai découvert beaucoup de choses sur leur vie quotidienne.

Abdelateef, 31 ans

Je suis arrivé au Cirefe en février 2018 avec un niveau B1. Maintenant j’ai atteint le niveau C1. Je suis en France depuis 2016. J’avais commencé à apprendre le français en regardant des vidéos sur internet. Au Soudan, j’ai fait des études de journalisme, mais ici je voudrais poursuivre des études en sciences politiques. Les enseignements au Cirefe sont très variés : histoire de France, civilisation, conversation… Nous pouvons aussi participer à des ateliers de journalisme, cinéma, radio, danse bretonne.”