Quatrième journée labo junior ERILIIS. "DéCorpsTiquer le signifiant"

09 novembre 2015
Colloque / journée d'étude

La quatrième journée du labo junior ERILIIS aura lieu à l’Université Rennes 2 le 9 novembre 2015 ; nous accueillerons François Nemo (LLL, Université d’Orléans) et Sébastien Péron (ERIMIT, Université Rennes 2 et membre du labo junior ERILIIS).


Cette séance se fixe les objectifs suivants :
 

  • Donner aux doctorants l’occasion de découvrir et d’explorer les travaux de François Nemo, notamment ceux qui concernent la polymorphie du signifiant et son étude. Constatant l’impasse à laquelle conduit une morphologie générative purement compositionnelle et combinatoire[1], il construit un modèle qui permet de rendre compte de l’instabilité des rapports forme/sens en morphologie, notamment en établissant une différence de niveaux dans le signifiant entre les briques combinatoires et les briques sémantiques du langage[2], en acceptant la flexibilité de ces dernières[3], ou en cherchant à quoi est attachée la signification, reconnaissant alors des bases consonantiques submorphémiques[4] ;
     
  • Voir à quelles applications concrètes ce modèle peut donner lieu dans le cadre de leurs propres sujets de thèse ; ainsi, par exemple, Sébastien Péron présentera ses premières réflexions en cours sur le suffixe espagnol –ón : ce sera l’occasion d’une tentative d’application collective à cet affixe espagnol de la démarche adoptée par F. Nemo dans l’étude de certains affixes du français (notamment re-, en-, -ier, -uple...). 
     

On poursuivra ainsi des questionnements déjà entamés au cours des précédentes séances sur le déCorpsTicage submorphémique du signifiant et la linéarisation ou non des submorphèmes, ou encore sur la possible nécessité heuristique de distinguer, au sein du signifiant, des niveaux jouant dans la construction du sens.
 

***
 

[1] Impossibilité avec cette approche de rendre compte du rapport qu’entretiennent re-spirer / in-spirer / ex-pirer dès lors que spir ne fonctionne pas comme unité ; ou encore, en refusant de reconnaître d’autres liens entre les mots que ceux de parenté, l’impossibilité de rendre compte du rapport entre des signifiants voisins mais non parents les uns des autres (morphologiquement et/ou diachroniquement), tels que stop - obstacle - obstruer - nonobstant, vrai - vérité - vérifier. Voir par ex. « Eléments pour une typologie des rapports forme/sens », Cahiers de Linguistique Analogique, 2, 2005 (en ligne).

[2] Existence « d’objets morphologiques non identifiés » (comme spir, ci-dessus) ou de briques sémantiques auxquelles n’est attachée aucune information combinatoire (comme vrai, ayant des emplois à la fois autonomes – vrai – et liés – nominaux : vérité, verbaux : vérifier –). 

[3] La brique sémantique vrai est non linéarisée en ce qu’elle peut apparaître sous la forme vrai en emploi autonome et sous la forme vér- en emploi lié (vérifier, vérité...).

[4] Par exemple, sp (dans espoir, susceptible, suspecter, soupçon...) liée à l’idée de quelque chose qui peut se produire mais est incertain. 

 

Affiche et programme  

Power point présenté par François Nemo.pdf

Publications de François Nemo.doc

 

Informations pratiques
Campus de Villejean (Rennes)

Salle de recherche E.224

09 novembre 2015
Contact

marine.poirier [at] uhb.fr (subject: Quatri%C3%A8me%20journ%C3%A9e%20ERILIIS)