Motion de l'EA ACE contre la réforme des retraites et la LPPR

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Nous, enseignant·e·s-chercheur·se·s, docteur·e·s, enseignant·e·s (PRAG et PRCE), doctorant·e·s, membres de l’unité de recherche ACE (Anglophonie : Communautés, Ecritures) de l’Université Rennes 2, réuni·e·s en assemblée générale le vendredi 7 février 2020, affirmons notre opposition à la réforme des retraites, ainsi qu’aux orientations prises dans les trois rapports préparatoires à la LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche), que nous interprétons comme une attaque faite au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

En particulier, nous refusons :

  • la remise en cause du statut d’enseignant-chercheur (par la suppression du cadre des 192h et de la clause d’accord pour la modulation de services, par le non paiement en conséquence des heures complémentaires, par l’introduction de la rupture conventionnelle pour les fonctionnaires)
  • la précarisation des parcours professionnels par le recours accru à des CDD, des CDI « de chantier » et autre « tenure track », qui dépendent de financements sur projets de recherche à court terme
  • une loi inégalitaire encourageant une recherche soumise aux intérêts du court terme et conditionnée par les règles de la concurrence entre établissements, entre unités de recherche et entre chercheur·se·s
  • un régime de retraites qui ne fera qu’accentuer les inégalités et la précarité chez les personnels (salaires de début de carrière modestes, vacations, etc.)

Et nous demandons :

  • le recrutement de titulaires (enseignant·e·s, enseignant·e·s-chercheur·se·s et BIATSS) à la hauteur de l’augmentation du nombre d’étudiant·e·s et des besoins publics de recherche
  • le retrait du projet de réforme du CAPES qui fragilise les contenus disciplinaires et précarise les futur·e·s candidat·e·s
  • la garantie et l’augmentation significative des budgets des unités de recherche afin de permettre à tou·te·s les enseignant·e·s-chercheur·se·s d’avoir les moyens de mener leurs missions sans avoir nécessairement recours à des appels à projets (sachant que moins de 20 % des projets déposés obtiennent un financement)
  • une augmentation significative du nombre de CRCT, conformément à ce qui était prévu dans les statuts de 1984 (avoir un congé recherche tous les 7 ans)
  • le maintien d’une procédure nationale de qualification des enseignant·e·s-chercheur·se·s garante de l’égalité de traitement

Nous nous déclarons solidaires des établissements et labos en lutte et nous engageons à retenir les auto-évaluations HCERES et à précéder les événements scientifiques organisés par ACE de moments d’information sur les réformes.

Motion votée à l’unanimité des présent·e·s.